Toile : « Als Catars, la mémoire de la pierre »


 


Avec Als Catars, la mémoire de la pierre, l’artiste Meichelus, inscrit Minerve comme une conscience vivante.

La toile de  43 × 55 cm sur papier Canson à la mine graphite, l’encre de chine et à l’aquarelle, explore la permanence de l’esprit cathare à travers la matière minérale : la roche, le pont, les murs, et la garrigue qui l’entoure, sont porteurs d’une mémoire forte que le temps n’a pas effacée.

Loin d’une représentation historique figée, cette œuvre propose cette méditation :
« La pierre peut ne pas être comme un vestige mais une résonance. Minerve apparaît alors, ici, dans sa force tellurique. Le pont naturel et celui de pierre, les falaises et les murs anciens structureraient l’espace comme une architecture de résistance.

Le vent évoqué dans le poème :  « le vent se glisse toujours entre les arches », devient plus symbolique : le souffle de ceux qui ont refusé l’abjuration, ce souffle indivisible et persistant. La stèle, reproduction au premier plan gravée par l’artiste Jean-Luc Séverac, agit comme un seuil entre deux mondes : celui de l’Histoire et celui de la transmission intérieure.


Poème :

« Als Catars et sa mémoire de pierre »


Toi Minerve, dont la roche me rappelle, que tu n’es pas muette,

que tu parles toujours. Des braises mijoteront encore sous la cendre, tandis que le vent se glissera entre les arches du pont.

Ce vent qui frôle encore les anciens murs.

Toi Minerve, tu portes la voix de tout ceux qui ont voulu te réduire au néant. S’ils s’étaient réfugiés là, entre tes murs, c’est qu’ils cherchaient la clarté.


« Als Catars », ces deux mots gravés, pour tout un peuple debout dans la lumière. Ils savaient, et le disaient courageusement : « la matière n’est chargée que des lourdeurs de nos blessures, elle nous retient, nous enchaîne, bien étrangement au cœur de l’être. »

Ils marchaient déjà ailleurs, alors convaincus qu’un royaume sans murs, sans armes et sans peur serait leur demeure.

La colombe ou la pomme et surtout le cœur, ici ne sont pas de pierre même si sculpté à travers. Ces symboles nous élèvent et nous traversent aujourd'hui.

Ils sont les signes solaires d’un air qui souffle dans la sculpture, que

rien ni personne ne pourra plus brûler.

Cette sculpture est le fruit, le grain de vie confié au poète.

Elle est l’esprit, battu, brisé parfois mais offerte.

Elle est la lumière qui ne meurt pas.


Sur ce causse battu d’histoire, le feu des hommes n’a pas consumé l’invisible.

« Als Cathar » sont toujours là, depuis, révélés, résistants à la violence, à la conscience étroite. Ils se veulent la main qui soigne, l’enfant qui espère,

la parole juste qui tient malgré la peur. Oui, les cathares ne sont pas seulement d’hier. Ils renaissent chaque fois qu’un être refuse d’ajouter de l’ombre sur ce monde. Ils sont le veilleur, ils sont le témoin, chez celui qui protège le vivant. Sans bruit, sans gloire, mais avec cette obstination douce qui change la face des siècles et modifie le regard.

Minerve, tu regardes passer le temps comme on regarde le Briant creuser la pierre, rien ne demeure, et pourtant tout se perpétue.

Si ton minéral garde mémoire, le ciel circule à travers toi.

La colombe, au-delà du symbole, au-delà de la présence, monte encore, porte l’esprit de la paix, au-dessus et à travers la matière, avec les blessures de l’Histoire, pour nous rappeler, à nos jours troublés qu’une unique victoire est intérieure.


 Pour qu'une étincelle reste intacte :


À monsieur Séverac, à Anne et Jean-Michel et à tous les résistants de la lumière, ceux d'hier et ceux d'aujourd'hui, artistes, philosophes, "bonshommes et bonnes femmes", à toutes celles et à tout ceux qui refusent d'abjurer.


Meichelus. 



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