jeudi 18 juin 2026

"le papillon et la libellule"

Meichelus’Art · juin 18, 2026

 


Le papillon et la libellule


Dans ce monde entrelacé où se conjuguent chaos et harmonie, les feuilles et les tiges des roseaux s'entremêlent entre elles et ne laissent, qu'à peine, passer le vol précis d'un papillon à la poursuite d'une libellule. Le vent qui fait plier les roseaux enchante l'air et s'accorde merveilleusement avec le frottement des ailes du lépidoptère et de l'odonate, rythmant mystérieusement la poursuite de leur destination. Ils ne volent pas pour ceux qui ne savent pas encore, ils volent parce qu'ils sont agiles destinataires d'un rêve, le même qui est censé nous guider depuis toujours vers une trajectoire parfaite, libre et précise. Si nous les écoutions, nous pourrions entendre cette suite de mouvements où se frottent leurs fines membranes colorées, riches des milliers de leurs minuscules écailles toutes vibrantes, et le rythme presque saccadé des tiges et des feuilles ensemble qui les accompagnent. Cet apparent chaos du feuillage, orchestré par le vent et l'espace, contraste avec la totale douceur qui les rassemble pour que, depuis toujours, cela nous fascine et nous rapproche de ce qui est invisible — nous qui avons créé l'art rupestre, puis cherché à le décliner jusqu'à cette toile, reconnaissons l'esprit de l'eau et le voyage de l'âme. C'est parce qu'ils sont fertilité et métaphore, c'est parce qu'ils sont la légèreté de l'esprit, comme celle de la beauté subtile et magique des premiers temps, que nous avons cherché un peu de cette grâce naturelle où peut se côtoyer la force d'une vie brève et la sagesse de plusieurs centaines d'années. L'apparent chaos graphique, obtenu d'un trait d'éternité, enveloppe étrangement cette précieuse et éphémère harmonie de la vie. Un papillon agité du même rêve qu'une libellule tissant son point d'équilibre, caché de l'horizon par la suspension d'un instant.


Meichelus

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